|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
Après son passage à Rome, Le Caravage séjourne à Naples en 1606-1607 puis en 1609-1610 et conditionne fondamentalement la nouvelle production picturale de la région. Naples est le fief caravagesque où travaillent l'Espagnol Ribera et ses élèves de 1616 à 1682. Ses compositions poussent la peinture napolitaine vers un réalisme plus rude et plus violent encore que celui du Caravage.
Gentileschi développe, à partir des oeuvres du Caravage, un style personnel dans une version adoucie et très raffinée. Pretti saisit le moment au sommet de son intensité dramatique. Salvador Rosa, traite un paysage préromantique, évocateur des aspects pittoresques de la nature. Carraciolo adhère aussi très vite aux expériences du Caravage. Tout comme Carlo Sellito, présent au Musée avec La vision de saint Jérôme et Saint Benoît se roulant dans les ronces.
|
|
|
|
|
|
|
Le martyre de saint Sébastien exposé dans la Grande Galerie montre l'influence caravagesque que reçut Luca Giordano de son maître Ribera. Giordano, pendant sa jeunesse, traite à plusieurs reprises le thème du saint anti-pesteux et semble s'inspirer du tableau de Ribera conservé au Musée de Capodimonte. Giordano travaille dans toute l'Italie, mais aussi en Espagne à la Cour de Charles II. Cet artiste sans doute auteur de plusieurs milliers de peintures, très rapide dans l'exécution de ses oeuvres, est surnommé «Luca Fapresto». Marqué par de très nombreuses influences, il s'adonne à plusieurs tendances : classicisantes, baroquisantes en passant par les intonations caravagesques. On peut retenir de lui surtout l'expression d'une sensibilité libérée de toute emphase (présente au contraire chez Cortone, Lanfranco ou Baciccio ). Certes, il utilise parfois leur langage, mais la fraîcheur de ses compositions prime toujours et lui confère une veine poétique unique dans la peinture du XVIIe siècle.
|
|
|
|
 |
|
|
|
"Le martyre de saint Sébastien"
(Luca Giordano, Naples)
|
|
Giuseppe Recco, en contact avec Ruoppolo, s'oriente dans le sens de la plus pure tradition de la nature morte napolitaine. Il utilise le caravagisme dans l'objectif d'un réalisme puissant, mais non dénué pourtant d'une certaine poétique: l'atmosphère des couleurs aux lumières vibrantes en fait un peintre de l'émotion. Reconnue comme une oeuvre exceptionnelle de l'artiste, la Raie sur un chaudron et poissons dans un panier illustre à la fois la simplicité et l'originalité de la composition régie par une atmosphère sombre, relevée par des couleurs aux nuances irisées. L'accumulation des poissons montre une liberté d'agencement des formes qui est toujours très surprenante.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
|
"Raie sur un chaudron et poissons dans un panier"
(Giuseppe Recco, Naples)
|
|
|
|
|
|
|
|
Autre peintre «napolitain» originaire de Bergame, Viviano Codazzi travaille d'abord à Rome avant de s'installer à Naples. La retranscription rigoureuse du réel dans ses veduti fait de lui un peintre caravagesque au point d 'être surnommé par R. Longhi le «petit Caravage». Dans Péristyle d'un palais au bord de l'eau, les projections des ombres rythment la composition: les créations de Codazzi ont été appelées «Ars magna lucis et umbrae», «Le grand art de la lumière et des ombres». Une science sûre de la perspective, un coloris vibrant, une maîtrise des jeux d 'ombre et lumière. En plus de la réalité optique, Codazzi peint aussi une réalité poétique de la lumière. Considéré comme l 'inventeur de la «veduta realista», Codazzi est à l 'origine de l 'art de Canaletto et Bellotto.
|
|
 |
|
|
|
"Péristyle d'un palais au bord de l'eau"
(Viviano Codazzi, Naples)
|
|
|
Sont conservés aussi dans les salles napolitaines des batailles de Micco Spadaro et de son entourage, un Sacrifice d'Abraham de F. Guarino, des natures mortes de Giuseppe Recco (Nature morte à la Tortue) et de Paolo Porpora.
|
|
|
|
|
|