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Peinture du dix-huitième siecle au musee fesch ajaccioJésus et la samaritaine par Etienne Parrocel dit le RomainAutoportrait, par Corrado Giaquinto Ricci : Camille et Brennus

Du courant rococo dans la première moitié du siècle à l'avènement du néo classicisme dans la seconde, l'exaltation créatrice ne diminue pas en Italie mais les différents foyers de production évoluent. Alors que Bologne décline, Venise, sans grande vitalité au XVIIe siècle, connaît une crise politique qui coïncide avec un renouveau qui fait d'elle la capitale italienne de la peinture. C'est la ville du grand vedutiste Antonio Canal dit «Canaletto» qui donne au genre une valeur poétique liée au moment et au lieu jusque là inconnue des artistes néerlandais et romains. Sebastiano Ricci et Antonio Pellegrini, admirateurs du Guerchin, s'inspirent aussi de Luca Giordano .

Par sa préférence pour les couleurs claires et vives, typiques de l'art de Venise, Sebastiano Ricci, malgré son tempérament éclectique, préfigure le courant rococo dont Tiepolo sera le grand représentant. Son Camille et Brennus en est un exemple. À côté des couleurs vives, presque primaires, tels le rouge et le jaune, Ricci a tendance à éclaircir les couleurs et à rechercher une gamme très lumineuse. Notamment dans la juxtaposition des tons bleus et blancs du ciel qui accueille le jeu de la lumière solaire. L'azur du ciel est mis en valeur par un coloris délicat et fondu dans une luminosité presque métallique.

Peinture de Sebastiano Ricci
"Camille et Brennus"
(Sebastiano Ricci, peinture)

Rome, creuset de tous les styles, est toujours un lieu de convergence: les étrangers continuent d'affluer avec Blanchet, Parrocel ou Subleyras, tous trois présents au Musée Fesch avec, par exemple, les Enfants jouant, Jésus et la samaritaine et Portrait d'homme à la tête enturbannée. Subleyras est l'annonciateur du courant néoclassique dont Mengs, peintre, et Winckelmann, théoricien, seront les deux têtes de file. Ils sont inspirés par les ruines d'Herculanum et de Pompéi. La publication de ces fouilles va marquer toute une génération d'artistes, dont Piranèse, Panini et Hubert Robert qui perpétue la tradition des vues de Rome. Toutefois, la Ville éternelle, dépositaire de l'héritage antique, ne peut succomber comme le reste de l'Italie à l'éblouissant Vénitien.


Naples, lieu de visite obligé en raison des découvertes archéologiques, capitale depuis 1734 d'un nouveau royaume indépendant, témoigne de son ouverture artistique par ses échanges avec la France, l'Espagne ou l'Angleterre.

De Francesco Solimena, l'artiste majeur du XVIIIe siècle napolitain, le Musée expose Le départ de Rébecca, où apparaît un classicisme idéalisé en même temps qu'une exaspération baroque alliée à une stricte observance des lois de la composition .
La lumière envahit la toile de toute part et est employée comme agent de distribution des valeurs. La composition dramatique doit beaucoup aux scénographes de théâtre et d'opéra dans cette peinture représentant Rébecca faisant ses adieux à son père, Bethouël, avant d'aller épouser Isaac, fils d'Abraham, dont elle aura deux fils, Esaü et Jacob, futur Israël.

Peinture de Francesco Solimena
"Le départ de Rébecca"
(Francesco Solimena, peinture)
Peinture de Corrado Giaquinto

Une salle entière du Musée est réservée à Corrado Giaquinto, élève de Solimena et grande personnalité artistique de l'Europe du XVIIIe siècle. Sensible aux influences de Rome, Naples et Turin, c'est comme peintre du roi à la cour d'Espagne qu'il synthétise toutes les expériences italiennes. Les vastes cycles de décoration qu'il entreprend donnent à voir une version rococo poussant dans leurs extrêmes limites le style de Cortone. Saint Nicolas de Bari évêque n'est pas sans rappeler le chromatisme lumineux et la fluidité de composition de Luca Giordano. D'autres variantes de cette peinture sont présentes à Rome et à Molfetta.

"Saint Nicolas de Bari, évêque"
(Corrado Giaquinto, peinture)

Retenons aussi une oeuvre rare d'Antonio Barbazza, l'éblouissant Sacrifice d'un coq, un Portrait d'homme portant une médaille de Benoît XV de Marcello Baccarielli (le fondateur de l'école polonaise), et trois Sibylles de Sebastiano Conca.

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