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Au XVIIe siècle, Rome est la capitale de l'art baroque. La Ville éternelle accueille les plus grands artistes européens et demande aux peintres de faire triompher le dogme catholique fixé par le concile de Trente. L'Église met en place la Contre Réforme face à l'iconoclasme protestant. C'est le temps des grands chantiers et des commandes publiques. Rome est la capitale des Etats pontificaux: le mécénat papal rivalise avec les commandes de l'aristocratie. Les frères Carrache, venus de Bologne, et le Lombard Caravage révolutionnent la peinture et clôturent la période maniériste. Cette peinture, qui met la virtuosité technique au service de la «maniera» et de la fantaisie, n'est plus de mise. Les artistes mettent en place les bases de la nouvelle peinture à l'extrême fin du XVIe siècle.
Le début du XVIIe siècle : Les Bolonais et le Caravage
La peinture bolonaise impulsée par les Carrache est celle d'un retour aux principes de Raphaël, c'est-à-dire au genre noble de la «grande peinture d'histoire».
Caravage, lui, promeut une peinture réaliste et dramatique utilisant la technique du clair-obscur. Celui-ci porte au plus haut degré les possibilités expressives de la lumière renforcée par d'autres procédés tels qu'une composition simplifiée, un éclairage latéral, des figures grandeur nature.
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À l'inverse de la «grande peinture», il s'attache à peindre des scènes de la vie quotidienne et populaire.
Entre ces deux courants novateurs, naît à Rome un foyer unique de confrontations artistiques ou s'enchevêtrent les singularités propres à chaque artiste et à chaque école. La peinture bolonaise, en raison de son aspect moins révolutionnaire et moins iconoclaste se développe plus facilement que le Caravagisme qui s'épuisera à Rome autour de 1630. Naples, en revanche, mêlera les deux courants pendant tout le XVIIe siècle.
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"Sainte Famille avec le petit saint Jean "
(Pierre de Cortone, Rome)
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La deuxième moitié du siècle voit l'apothéose du Baroque proprement dit. Pierre de Cortone, dès 1632 annonce le dynamisme tourbillonnant du Baroque en peignant le plafond du grand salon Barberini. Actif sous six pontificats, il est le peintre de l'Église triomphante. Le Musée expose de l'artiste La Vierge et l'enfant , thème de prédilection de l'artiste, Le repos pendant la fuite d'Égypte, et un remarquable Autoportrait du peintre à quarante ans attribué à l'occasion de l'exposition «Le straordinarie raccolte de Cassiano dal Pozzo» au palais Barberini de septembre à novembre 2000.
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"Autoportrait"
(Pierre de Cortone, Rome)
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Architecte, sculpteur et décorateur, Gian Lorenzo Bernini dit « Le Bernin » est le plus grand représentant de l'art baroque romain du XVIIe siècle. Il ne reste aujourd'hui plus qu'une douzaine d'oeuvres environ qui témoignent de la production picturale du grand artiste. Le musée Fesch en abrite une : Le David, attribué par Giuliano Briganti.
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"David"
(Le Bernin (Gian Lorenzo Bernini dit), Rome)
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Giovanni Battista Gaulli dit «il Baciccio» perpétue la grande tradition du décor baroque dans la lignée de Cortone et est aussi un précurseur de l'art du XVIIIe siècle.
Le Musée Fesch expose Joseph raconte son songe à ses frères et Joseph reconnu par ses frères (Grande Galerie), La continence de Scipion, ainsi que L'apothéose de saint Pierre. Cette dernière oeuvre est un Bozetto: une étude réduite de l'oeuvre finale destinée à un grand décor architectural, une voûte ou un doubleau semble t-il (peut-être pour l 'église du Gesù à Rome). On retrouve l 'influence du Bernin dans le rendu sculptural des nuages, des drapés et des corps. Baciccio s'attache autant à la dynamique de la forme qu'à la puissance des couleurs vivifiée par la lumière.
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"L'apothéose de saint Pierre"
(Baciccio, Rome)
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