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Exposition temporaire du Musée Fesch Ajaccio
du 29 Juin 2006 au 29 Septembre2006

La déraison du Louvre,
Ange Leccia

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Revue de presse
 
     
 
Revue de presse
 

Article extrait de la revue "cahiers du cinéma" Avril 2006

Le songe de la lumière.

Il faut trois éléments figuratifs à Ange Leccia pour lancer l’histoire de son film. Un élément immobile, la beauté immense et froide d’une grande œuvre antique (La victoire de Samothrace), deux éléments mobiles : la beauté palpitante, à taille humaine, d’une jeune femme face à la statue de pierre (Laetitia Casta) et un rayon lumineux qui balaie doucement la scène et s’évanouit. Tout dans cette somnambulique visite au Louvre se joue à trois : le musée, la muse, le réalisateur. La splendeur plastique des plans est incontestable, elle menace d’abord de se prendre au piège d’une imagerie, proximité de femme comme modèle (pour les peintres) ,et top modèle (pour la mode), joliesse des rêves publicitaires, comme toujours au service du pouvoir. Quel pouvoir ? celui de l’artiste, qu’on soupçonne de prétendre, par la force de son regard, fondre en une matière unique la chair de la femme et la pâte des tableaux. Vêtue de blanc, anti- Belphégor, l’actrice hante les salles du musée pour une étrange magie, s’approche de plus en plus des toiles, tandis que le filmage infiniment délicat de la peau du visage, de la grâce des mouvements, cherche un devenir commun à ce qui fait chef d’œuvre sur les murs du Louvre et à l’humanité de la femme. Il y a de l’incantation dans les mouvements de la comédienne comme dans la musique de Frédérique Sanchez, une tentative de transmutation dans les surimpressions des corps peints et du corps filmé. Cela ne sera pas.
Sous le signe ambivalent de la lumière, qui fait tout apparaître et fait tout disparaître, le film dépasse le point limite ou le visage de la comédienne vient toucher la surface du tableau. Deux fois bord cadre – à la frontière du tableau, à la limite de l’image filmée- Laetitia Casta ne se fondra pas dans l’image peinte. Le jeu est libre alors, entre la nature assumée, différente de cette beauté ci et de cette beauté là, le triangle que constitue la peinture , le cinéma et la femme vivante de vient espace ouvert, l’histoire annoncée au début est celle d’une aventure rêvée, jusqu’à l'évanouissement, ou sortie du songe, de la fin.
Aussi si différents soient les hommes, leurs œuvres, et ce cas leur point de départ, Alain Cavalier(lire ci-contre) et Ange Leccia arrivent au même parcours, celui d’aller défier au plus près la contiguïté de l’œuvre et du vivant mais pour ouvrir et s’approprier un espace impossible à supprimer , et où chacun peut habiter et se comprendre.
(
J.-M.F).




 
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LA DERAISON DU LOUVRE
ANGE LECCIA

29 Juin 2006 - 29 septembre 2006
 
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