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Exposition temporaire du Musée Fesch Ajaccio
du 7 novembre 2003 au 29 février 2004

Le grand théâtre des anges

Crèches napolitaires du XVIIIème siècle
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Les sources d'inspiration | La technique de fabrication des pastori | Liste des scènes et des oeuvres
La grande crèche du musée Fesch : La commande Alfredo Molli | Renseignements pratiques |
Revue de presse
 
LISTE DES SCENES ET DES OEUVRES
 
1.

Le dromadaire : Cortège d’orientaux avec un dromadaire.

16 figures : 11 pastori, quatre chiens, un dromadaire.

L : 156 x P : 40 x H : 80 cm

Collection privée – Naples

Un fier dromadaire en bois sculpté et richement orné de franges, galons d’or et d’un croissant domine la scène. Sur sa croupe trône une reine maure, portant sur ses genoux un coffret de bijoux. A sa droite, des marchands d’orient arborent des objets d’argent, des écrins, des plateaux, des cuvettes dûment munis des poinçons des grands maîtres argentiers du dix-septième et des toutes premières années du dix-huitième siècle. D’entre eux surgit la splendide figurine d’un circassien exposant un tapis de velours rouge tissé de fils d’or. Des études anciennes l’attribuent à Giuseppe Gori, très fin modeleur, qui travailla à maintes reprises auprès de Sanmartino.

Notons également la meute de chiens, œuvre de Nicola Vassallo qui, comme son frère Saverio, fut avant tout un sculpteur sur bois.

Le décor de fond, agréablement peint sur papier représente une scène exotique et date des premières années du dix-neuvième siècle.Les bergers portent tous leur habillage d’origine, par conséquent, étant donné qu’il est impossible d’accéder derrière le plastron où, comme l’on sait, l’artiste apposait sa signature, nous ne pouvons identifier le sculpteur qu’en nous référant aux anciens inventaires (existants) et à l’étude de leurs particularités stylistiques.

Le groupe a été exposé à la Mostra del Settecento Italiano, Venise 1929 et cité en page 11 du catalogue général de l’exposition. De plus, il est présenté de manière exhaustive dans :

« Emporium » vol. LXX, année 1929 n°420 page 337.

« L’illustrazione italiana », année LXVI n°51 édition Noël Nouvel An 1939 page 894.

F. Mancini « Il Preseppe Napoletano » n° 47, planche 4.

« Abbigliamento e Moda » année VIII n° 31/32 déc.1972, page 6.

« Panorama » Avril 1980.

Le dromadaire est cité dans G. Borelli « Il Preseppe Napoletano » page 244 qui le date à environ 1800.

2.

Nativité : l’adoration des bergers avec deux bohémiennes.

18 figures : 11 pastori dont deux Zingare (gitanes), La sainte Famille, un ange, trois animaux.

L : 88 x P : 62 x H : 112 cm

Collection privée – Naples

Le berger portant l’agneau est l’œuvre de Lorenzo de Mosca mort en 1789, tandis que l’ange est signé GDL (Giuseppe de Luca) ; le joueur de cornemuse du second plan est monogrammé et daté : SMG 1742. Il porte également une inscription qui évoque son propriétaire : « Padre Stanislas GSM » un savant collectionneur napolitain de la seconde moitié du XIXe siècle.

La chèvre accroupie est signée Gallo et date de 1780. Les deux bohémiennes sont traditionnellement attribuées à Salvador franco et Giuseppe Sanmartino. A Salvadore Franco, on a également attribué le second joueur de cornemuse en adoration devant l’enfant.

3.

L’éléphant : cortège d’orientaux avec un éléphant

21 figures : 16 pastori, un éléphant et quatre chiens.

L : 158 x P : 51 x H : 80 cm

Collection privée – Naples

La scène s’impose par son côté spectaculaire. Elle est dominée par l’éléphant, fastueusement orné de garnitures de velours brodé de fils d’or. Sur le palanquin en argent ciselé est assise une jeune géorgienne portant un coffret d’or et de diamants. Au centre du groupe, une splendide samaritaine, à demi-nue, richement vêtue et couverte de bijoux précieux, que la tradition attribue à Genzano.

Notons également le groupe des maures, parmi lesquels se détache la figurine du charmeur de serpents anciennement attribué à Salvatore Franco.

Partiellement présentée dans « Il Preseppe Napoletano » Franco Mancini, Sadea Sansoni, Naples 1996.

« Nel regno delle due Sicilie Il preseppe Colto » V. Consolo, Palerme 1993

« Cineserie e Turcherie » E. Catello, Editions Cività, Napoli 1992, planches LXI et LXVIII.

« « Il Preseppe Napoletano » éditions de Mauro 1997, planche CLV.

4.

Les Bohémiennes et le lion : Cortège d’orientaux entourant un lion en cage.

62 figures : 32 pastori et 30 animaux.

Composition en angle formant un L : 80 et 87 x P : 60 x H : 80 cm

Collection privée – Naples

Dans le groupe, fantaisie et réalité, riche bourgeoisie et populace alternent dans un enchaînement d’images et de couleurs qui deviennent une scène dans la scène et laissent le spectateur stupéfié et sous le charme. Les yeux hagards et la bouché bée, un homme assis sur un muret voit passer, incrédule, un lion rugissant entraîné par un maure, suivi de singes et d’ours : animaux exotiques faisant partie d’un monde lointain, inconnu, mystérieux et fascinant qui attire l’attention des passants accaparés par ce spectacle merveilleux et insolite.

Un peu à l’écart, une bohémienne lit la bonne aventure sur la paume de la main d’une jeune fille diaphane. Contrastant avec tant d’ingénuité apparaît le visage désenchanté d’un garçon faisant l’aumône.

Cette scène doit sa particularité à l’excellence de la quantité et de la rareté des animaux qui la.peuplent.

De vieux inventaires, dignes de confiance, attribuent à la main de Giuseppe Sanmartino l’homme assis sur le muret, figurant au n°240 du catalogue de l’exposition « Figure Napoletane dal sec. XIV° al XVIII° sec » - Palais royal de Naples octobre 1970-janvier 1971 et à Angelo Viva le garçon mendiant, illustré en page 22 de « Il Preseppe Napoletano » de G. Morazzoni. Le lion est l’œuvre de Francesco Gallo et il est cité en page 214 « Il Preseppe Napoletano » de G. Borelli, Editions Del Luca e D’Agostini 1970, avec la légende « lion rugissant » et référencé dans le vieil inventaire de A. Perrone. La jument est attribuée à Nicola Vassallo et est présentée dans R. Berliner « Die Wienchtkirippe » Prestel Verlag Munchen 1955, figure 51. Le poulain, de G. de Luca est cité dans G. Borelli ibidem page 203 accompagné de la légende « poulain, année 1825 environ. ».

Le groupe est partiellement décrit dans les revues « Du Atlantics » Conzett et Huber, Zurich décembre 1965 ; « La Donna », n° 12 Rizzoli, Milan année LIX déc. 1963 page 91 et « Destino » n° 1167 19 décembre 1959 Bruguera S.A. Projeto 2 Barcellona, page 52.

5.

La belle Géorgienne : cortège d’orientaux avec une Géorgienne.

Scarabatolla : vitrine-cadre en bois sculpté et dorée. Naples, milieu XVIIIème

8 figures : 7 pastori et un cheval, et accessoires

L : 80 x P : 60 x H : 120 cm

Collection privée – Naples

Tête en terre cuite polychrome, mains et pieds en bois ;

Ame en fil de fer et étoupe.

Le groupe représente une scène orientale dominée par une dame géorgienne richement vêtue montant un cheval blanc et flanquée de deux hallebardiers. A sa droite, un porteur porte une malle de cuir, alors qu’au premier plan, un nègre et un turc d’Asie montrent des objets précieux qu’ils extraient d’un coffre en argent.

6.

Nativité

Destinée à être présentée sous une Cloche de verre sur un support en bois et liège.

13 figures : Sainte Famille et pastori (7), un ange et cinq têtes de chérubins.

Diamètre : 45 x H : 85 cm

Collection privée – Naples

A côté de la Sainte famille, le joueur de musette et l’enfant cornemuseux, avec les chérubins et les bergers en adoration. Les scènes ainsi réalisées exprimaient presque toujours la dévotion : elles appartenaient à des familles de la moyenne et de la haute bourgeoisie et étaient destinées à être placées sous une cloche de verre souvent dans la chambre à coucher. Les bergers étaient presque toujours modelés, spécifiquement sur demande, par un seul artiste. Dans le cas présent, la comparaison avec d’autres œuvres permet d’attribuer l’ensemble à la main de Lorenzo Mosca.

Présentée à l’exposition « Bergers et pastorales », Lecce, château Charles V 13 décembre 1999-janvier 2000, et illustrée en page 17 du catalogue.

7.

Bal de l’ours.

Neuf figures et six animaux.

Diamètre : 75 x H : 45 cm

Collection privée – Naples

Scénette populaire typique représentant la danse de l’ours (il était de coutume dans la province de Tarente, dans les Abruzzes, de faire danser l’ours).

Reprise à partir de l’aquarelle originale ou d’une aquarelle vraisemblablement plus ancienne (il en existe deux signées et datées Xav. Della Gatta 1803 et 1819), la scène nous montre des dompteurs occupés à faire danser un ours, un singe et deux chiens, alors qu’une maman et ses enfants s’amusent à les regarder.

8.

Nativité de Giacinto Gigante.

Sainte famille : signée et datée Cav.Gia.Gigante, Mag.1856

Sainte famille et deux anges. Têtes en terre cuite polychrome, mains et pieds en bois ; âme en fil de fer et étoupe.

L : 50 x P : 40 x H : 70 cm

Collection privée – Rome

Giacinto Gigante naît à Naples le 11 juillet 1806. Le père Gaetano, lui-même peintre, fut son maître.

Dés l’âge de 12 ans (1818) il peint à l’huile « un vieux pêcheur » qui révèle véritablement sa forte personnalité artistique. De Gaetano Gigante, le musée Fesch conserve deux scènes du pèlerinage à la Madone dell’Arco, l’une datée 1811.

Giacinto Gigante débute comme dessinateur de cartes et ce n’est qu’ensuite, sous la conduite de Pitico, qu’il put donner libre cours au naturalisme spontané de son inspiration artistique : « l’étude du vrai ».

Sa production est vaste et se compose de dessins, aquarelles, etc…, représentant le Royaume des Deux Siciles avec un style qui, bien que caractéristique de l’époque est enrichie par sa vive personnalité et une sensibilité prononcée. Ces qualités confèrent à ses œuvres une luminosité picturale tout à fait singulière.

Collectionneur passionné de figurines de crèches, il modela pour sa collection personnelle un Sainte famille stupéfiante en faisant passer toute son émotion intérieure dans l’expression des visages .

9.

Nativité de San Martino.

Artisans napolitains de la seconde moitié du XVIIIe siècle

Encadrement : bois sculpté et doré, verre. Crèche : têtes en terre cuite polychrome, yeux de verre, fil de fer, étoupe, tissus

L 132 x P. 67 x H : 110 cm

Musée national de San Martino – Naples

Avant d’être contraints d’abandonner la Chartreuse, les Pères Chartreux en avaient fait un véritable écrin renfermant des œuvres d’art toujours en prise avec leur temps. Disposaient-ils des crèches dans leur environnement ? Cet encadrement, exposé pour la première fois, est destiné à accueillir une crèche et provenant du patrimoine des moines semble l’attester.

Le numéro 175 de l’inventaire des biens mobiliers du tout nouveau musée de San Martino, rédigé en 1870, précise ceci : “Chapelle de saint Joseph. Petite crèche représentant les ruines d’un édifice composée de dix statuettes et deux animaux, à savoir saint Joseph et la Vierge, un tout petit enfant, trois anges, quatre paysans, un bœuf et un âne. Elle est insérée dans un vieil encadrement en bois doré et peint.“ Evaluée à l’époque à 25 lires seulement (autant qu’une petite statuette de bois représentant des personnages sacrés composant le patrimoine chartreux) la petite crèche est mentionnée dans un ouvrage de 1984 de Théodore Fittipaldi qui souligne, n’en déplaise au laconique jugement du rédacteur de l’inventaire, que la partie la plus précieuse de la crèche est justement “l’encadrement d’une qualité remarquable, dont le décor fastueux est la marque des meilleures expressions de l’ébénisterie napolitaine d’inspiration baroque”.

La scène de la Nativité se situe, selon un schéma très commun, dans les ruines d’une architecture classique : dans ce cas précis, la présence inhabituelle de l’élégant buste encadré d’un philosophe antique, est destinée à mieux mettre en évidence, d’une manière symbolique, l’enracinement du Christianisme dans la pensée païenne et sa victoire définitive. En ce qui concerne les figurines de l’époque, notons une autre caractéristique récurrente de la crèche napolitaine : les bergers, campagnards et paysans (dans ce cas précis notons tout spécialement le petit berger et la petite paysanne) sont en réalité un prétexte pour représenter les habitants des bourgs dans leurs vêtements et accessoires typiques, selon une coutume en vogue à la suite de la campagne pour la reproduction des costumes authentiques du Royaume souhaitée par le roi Ferdinand IV de Bourbon. Le rappel de la peinture napolitaine du XVIIIe est évident avec, notamment, l’esthétisme du mouvement de la composition et la gestuelle élégante et discrète digne du théâtre élégiaque qui renvoient à la peinture de Francesco De Mura.

10.

figure nue avec un enfant.

(Sur un socle). Nu (Académie).Bohémienne et son enfant.

Terre cuite polychrome

L : 35 x P : 30 x H : 50 cm

Collection privée – Naples

Un exemplaire rare et intéressant par sa valeur plastique remarquable.

Berliner l’a attribué à Nicola Somma, op. cit. planche XVII, 7, alors que Mancini l’a attribué à Salvatore Franco, op.cit. photo 8/9. Par comparaison avec des œuvres de ce dernier, nous pensons qu’il en est l’auteur.

11.

Scène composite.

(Danseurs, Gitanes avec des enfants, chasseur, couple de vieux bourgeois, jeunes fille en costume calabrais, chèvres, chevreaux, deux oies, âne…)

Organisée à partir de 16 pastori isolés et douze animaux..

Collection privée – Naples

12.

Nature morte aux instruments de musique.

Naples fin XVIIème.

L : 40 x P : 30 x H : 40 cm

Collection privée – Naples

Composizione con artistici strumenti musicali.

Composition à partir d’instruments musicaux artistiques en bois, avec des incrustations d’ivoire, de nacre et de tortue. Très souvent, ces instruments étaient fabriqués par des luthiers. comme I. Galiano et Antonio Vinaccia qui les signaient même parfois.

13.

Nature morte aux fleurs et aux fruits.

L : 40 x P : 30 x H : 40 cm

Collection privée – Naples

14.

Nature morte aux légumes.

Scène composée à partir d’accessoires de la collection Catello.

L : 40 x P : 30 x H : 40 cm

Collection privée - Naples

 
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LE GRAND THEATRE DES ANGES
Crèches napolitaines du XVIIIème siècle.

7 novembre 2003 - 29 février 2004
 
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