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S'arrêter devant Napoléon franchissant les Alpes au col du mont Saint-Bernard, c'est avoir sous les yeux une double manifestation. Monument de l'histoire de l'art et témoin des campagnes de l'Empire, le chef d'oeuvre de David rejoint, sur les cimaises du musée Fesch, la collection de peintures italiennes du palais d'Ajaccio, qui compte parmi les plus importantes de France, après celle du Louvre.
En hommage à l'influence culturelle des Bonaparte, le musée organise une exposition articulée en trois thèmes : les traces des conquêtes, les règnes et les destins de l'illustre famille en Italie, à travers le néoclassicisme.
Elle met ainsi en évidence le rôle que Napoléon ler avait assigné à chaque membre de sa lignée : occuper un trône en gardant le souci d'une action artistique aussi efficace que large. C'est d'ailleurs très certainement à Joseph Fesch, son oncle maternel, que Napoléon Ier doit cet amour des arts et de la politique. En ordonnant la construction du palais à Ajaccio, le cardinal Fesch avait souhaité offrir aux jeunes Corses un bagage culturel. A sa mort, il a laissé près de 16 000 tableaux, dont plus d'un millier constituent le noyau des collections du musée. On peut aujourd'hui y admirer aussi bien les primitifs italiens, tels que Botticelli ou Bellini, que des grands noms du baroque, comme Titien ou Poussin.
Myriam Guillaume
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