
Biographie :
Alfred de La ROCCA
(Macau, 1855-?, 1915)
Alfred de La Rocca, né en Gironde, est par son père originaire de Vico. Il peut être considéré comme un peintre paysagiste bordelais, bien qu’il se soit Inv.esti pour son île d’origine. Il débute sa carrière de peintre en tant que pensionnaire de la ville de Bordeaux à l’École des Beaux-Arts, où il est l’élève de Louis-Augustin Auguin (1824-1904), paysagiste reconnu, et de Maxime Lalanne (1827-1886). Il a peint de nombreux aspects de la campagne française : la région de Bordeaux, les villages et forêts de la Haute-Vienne et les marines près de Royan. Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux conserve plusieurs de ses œuvres, notamment une Vue de Bordeaux (1902) et une représentation du Golfe d’Ajaccio (vers 1910) qui montrent avec précision le lieu d’une façon sauvage, sans trace de l’activité humaine, dont la nature est le sujet principal. Dans son édition du 4 décembre 1887, La Gironde indique que : « L’hiver a ramené en ville la plupart de nos paysagistes bordelais et les expositions partielles se succèdent aux vitrines des marchands de tableaux. Un des plus travailleurs et des plus sincères parmi nos jeunes artistes, M. Alfred de La Rocca expose à la fois en ce moment six toiles, dont trois chez Imberti et trois chez Mme Duchemin, cours de l’Intendance. Chez Imberti, ce sont de superbes Châtaigniers pris à Saint-Junien (Haute-Vienne) et deux jolies Marines vues à Saint-Georges-de-Didonne, près de Royan. Chez Mme Duchemin, un paysage limousin très séduisant Sur la Glane et un faubourg de Saint-Junien plein de vigueur et de vérité. Toutes ces toiles, que nous voudrions pouvoir analyser en détail, témoignent d’un progrès très marqué dans la facture du jeune peintre et d’une personnalité qui tend à se dégager et à s’affirmer de plus en plus. Tous les amateurs s’arrêteront surpris et marqués devant cette manifestation d’un jeune talent ».
Alfred de La Rocca a également représenté la Corse, où il avait gardé des attaches et où il se rendait régulièrement. Il demeure le peintre qui expose le plus souvent des vues de la Corse aux salons parisiens et de province. La presse corse rend compte régulièrement de son travail. Dans l’article qui lui est consacré dans Le Petit Bastiais du 25 avril 1891 on relève : « M. de La Rocca est un moderne. Il a une préoccupation constante des maîtres actuels du paysage et des transformations que le genre a subies avec Corot et Daubigny. Mais cela ne l’empêche pas de garder toujours sa note propre, sincère. Sans aucun souci des querelles d’écoles, il se borne à suivre son inspiration et ne consulte que son émotion d’artiste ; il rend la nature telle qu’il la voit, telle, qu’il la sent, c’est-à -dire d’une façon saine et robuste. Cette qualité constitue le fond même de son talent ».
Selon Novellini (1911, p. 82-83), Alfred de La Rocca est un travailleur infatigable au point de nuire à sa santé. Il se partage entre Bordeaux et la Corse, et notamment il joue un rôle certain pour la promotion des arts à Ajaccio entre 1885 et 1895. Il participe aux soirées données régulièrement dans les grands salons de la mairie, comme celle du 6 février 1889, où l’on apprécie le talent musical de son épouse et de monsieur Casile . Alfred de La Rocca mettait son talent de chanteur au bénéfice de la Société des Amis des Arts en voie de formation qui, malgré les efforts prodigués par La Rocca, ne verra pas le jour, tout comme un projet similaire initié à Bastia à la même époque .