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Dominique   FRASSATI
Corte ,  1896 - Corte ,  1947

Biographie :
Dominique FRASSATI
(Corte, 1896 - Corte, 1947)

Dominique Frassati est né à Corte en 1896. Il y passe son enfance et son adolescence, puis, en août 1914, à peine âgé de dix-huit ans, il est engagé volontaire. À l’issue de ces années, il souffre des poumons après avoir été gazé et risque de perdre la vue. Fin 1918, son oncle Santos Manfredi le fait venir près de lui en Argentine pour lui faire donner des soins appropriés. Après plusieurs mois de clinique, dont une partie du temps les yeux protégés de la lumière par un bandeau, il recouvre presque complètement ses moyens. En 1920, il quitte l’Argentine malgré l’insistance de Santos Manfredi qui veut lui confier l’administration d’un domaine agricole afin de le garder près de lui et l’écarter de sa vocation de peintre. Cette même année, Frassati décide de partir à Paris où il restera jusqu’en 1923 avant de retourner un certain temps à Corte. Là, il tente de vivre de sa peinture, faisant notamment des travaux de décoration, des devantures de magasins, genre alors prisé en Corse, et des affiches pour les manifestations sportives qui ont lieu dans la cité. En 1923, il décide de partir pour Oran où il séjourne jusqu’en 1928. Il y peint des portraits et des scènes de la rue ou de la vie quotidienne avec ses personnages hauts en couleurs, comme l’homme aux crécelles, les marchands de fruits, les cireurs de chaussures... Il fait des expositions à la galerie Pozzalo et au salon annuel de l’Association Amicale des Artistes Africains (A.A.A.A.), connaît un certain succès auprès du public et des notables oranais et est remarqué pour l’émotion contenue dans ses peintures. Une de ses œuvres, Maternité, est d’ailleurs conservée au Musée National Zabana d’Oran. En 1928, il rentre à Corte, puis en 1929 décide de se rendre à nouveau à Paris et fréquente l’Académie Julian (1929-1930) où il reçoit l’enseignement d’Albert Laurens. En 1934, il s’installe à Ajaccio et en juin 1936 il est nommé conservateur adjoint du Musée Fesch où il seconde François Corbellini sur le départ, permettant sa nomination en janvier 1937 aux fonctions de conservateur. En septembre 1938, Frassati est nommé conservateur des musées de la ville d’Ajaccio. Dominique Frassati, au fil du temps, avec patience et détermination, habité par cette foi dans sa capacité à créer un art de qualité, a développé un registre artistique unique et très particulier, délaissant volontairement le paysage pourtant fort prisé alors. Ce travail justifie totalement sa place parmi les meilleurs peintres corses de la première moitié du XXe siècle. Personnage très sensible, humble, attachant, accordant une grande importance aux relations entre les individus, il était estimé de tous à Ajaccio et connu dans toute la Corse. Dominique Frassati a été pendant moins d’une vingtaine d’années le peintre de la ville, le peintre des gens des villages, de la réalité et du rêve. Le seul aussi à avoir eu ce destin de peintre maudit, car sa peinture était trop forte et trop moderne pour ses contemporains. Dominique Frassati est assurément l’artiste le plus original de l’École d’Ajaccio par l’étendue de son registre pictural et par la diversité et la qualité de son travail. Il est parmi les plus jeunes participants de ce mouvement et le plus singulier car son parcours personnel et artistique ne lui a certes pas permis de côtoyer, pour diverses raisons, les artistes comme Bassoul, Canniccioni, Corbellini, Peri, ce qui lui a donné toute liberté pour tracer son propre chemin. Le Palais Fesch-musée des Beaux-Arts possède, grâce aux deux donations Ollandini, la plus importante collection publique d’œuvres de Dominique Frassati.


Oeuvre(s) de l'artiste :