
Biographie :
Émile BROD
(Corte, 1882-Ajaccio, 1974)
Émile-Antoine Brod est né à Corte en 1882, il est le fils d’Adolphe-Gustave Brod, qui a quitté l’est de la France après la défaite de 1870. Plus tard, la famille s’installe à Ajaccio et c’est là que le jeune homme suivra l’enseignement de Jacques-Martin Capponi (1865-1936) à l’école municipale de peinture rouverte en 1900, par Pierre Bodoy, amoureux des arts, nouvellement élu maire d’Ajaccio. Artiste tout aussi talentueux que discret, Brod a mené de pair, à Ajaccio, une carrière de fonctionnaire et la passion de sa vie, la peinture et à la musique. Il a fait partie de ce groupe d’artistes ajacciens, solidaires, qui a œuvré pour la promotion de la peinture et d’un art corse. Brod occupe une place importante car il a été, par la durée de sa carrière et par ses écrits, le continuateur de cet esprit d’appartenance à une communauté artistique marquante des années vingt et trente, tant à Ajaccio et au sein de la communauté corse de l’île, que sur le continent ou dans ce qui était alors les colonies françaises. Il a eu une très longue carrière, privilégiant une série de thèmes précis avec ses paysages d’Ajaccio, les types corses et les portraits. Émile Brod est un artiste qui participe pleinement à la vie locale ; comme Corizzi, il fait partie des groupes qui organisent les fêtes et Corso fleuris de l’Entre-deux-guerres. Sa proximité avec les maires d’Ajaccio, en raison de ses fonctions de chef de la musique municipale et de son implication dans la vie du Musée Fesch (notamment après 1945), en font également une figure particulière. Émile Brod a connu les nouvelles générations d’artistes ajacciens, assurant ainsi une certaine transition dans le traitement des sujets locaux. Brod expose au Salon des Artistes Français deux œuvres au même titre, Marine (Golfe d’Ajaccio) en 1936, et Marine (Golfe d’Ajaccio) en 1938. C’est en effet dans ce type de vues qu’Émile Brod possède une excellente technique, rendant bien la complexité topographique du bord de mer longeant la route des Sanguinaires et plus précisément près du cimetière qu’il affectionnait particulièrement.