
Biographie :
François CORBELLINI
(Gênes, 1863-Piana, 1943)
François Corbellini est né à Gênes en 1863. Attiré jeune par le dessin et la peinture, ce n’est que tardivement qu’il décide de suivre sa vocation, encouragé en cela par le Département de la Corse qui lui alloue plusieurs indemnités entre 1892 et 1902 pour lui permettre de continuer ses études. À Paris, il suit l’enseignement artistique à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts sous la direction de Jean-Léon Gérôme. Il fait plusieurs envois au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts : en 1901, Lumière d’automne, en 1902, Vieille rue au couchant et, en 1903, Mer belle aux Sanguinaires (localisations actuelles inconnues). Il participe également à l’exposition des Beaux-Arts de Monte-Carlo en 1912, 1913 et 1914. Corbellini est un personnage et un artiste qui tient une place tout à fait singulière dans l’histoire des arts en Corse au XXe siècle. Dès son retour à Ajaccio, alors qu’il n’a pas encore trente ans, il se forge une solide réputation de peintre et il va exercer de façon parallèlle jusqu’à la veille du second conflit mondial une carrière d’artiste, de conservateur des musées de la ville d’Ajaccio et de « doyen » des peintres corses, régulièrement sollicité par les écrivains qui souhaitent parler de la Corse et publier sur elle. Aquarelliste réputé, peintre talentueux, illustrateur, Corbellini est, avec Peri et Canniccioni, un des créateurs des images icônes de la Corse, au moment où l’Île de Beauté s’affirme comme une destination touristique de plus en plus prisée. Il est aussi l’un des peintres corses qui représente le mieux ce courant d’un réalisme régional fondé sur les valeurs traditionnelles. Ces peintres ont, par leur travail, montré une vision originale et authentique de la Corse que tant d’autres peintres avaient de difficultés à comprendre. À Ajaccio, dès le milieu des années 1890, il peint sa ville et ses environs, mais aussi les rivages, les campagnes avec leurs animaux, les villages et surtout Piana et les calanques. Il connaît un grand succès auprès des touristes, surtout Anglais, qui passent à Ajaccio, alors principal centre touristique de l’île en raison de son climat et du souvenir napoléonien. Il vend énormément d’aquarelles aux officiers de l’escadre au mouillage dans la rade et aux touristes du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), assurant ainsi la diffusion des images de la Corse dans toute l’Europe. L’art de Corbellini rejoint cette préoccupation de montrer la Corse des villes et de la ruralité. Artiste réputé, il peint la beauté colorée de la Corse avec, très souvent, la présence de l’homme, et ses œuvres ont été largement reproduites pendant de nombreuses années par La Corse touristique, dont il était un des principaux collaborateurs artistiques. Corbellini était peintre par excellence des types locaux : paysans, pêcheurs, habitants d’Ajaccio et des environs... et considéré comme un des meilleurs animaliers corses.