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Biographie :
François PERALDI
(Ajaccio, 1843 - Ajaccio, 1916)
Attiré très jeune par les arts, François Peraldi fait ses premières études artistiques à l’Accademia dei Belle Arti de Florence au début des années 1860, puis à Paris, où il suit les cours de l’atelier Gleyre en 1867. Ses progrès sont rapides et dès l’année suivante une de ses œuvres, un petit portrait demi-buste, figure au Salon de Paris (localisation actuelle inconnue). Peu après, il envoie au Salon un tableau représentant une vieille femme corse dans son intérieur qui se caractérise par son réalisme : le type de femme, son accoutrement et les objets qui l’environnent sont rendus d’une manière saisissante (Novellini, 1911, p. 80-81). De retour en Corse dans le courant des années 1870, il s’installe à Ajaccio où il poursuit sa carrière de peintre et devient, en 1889, sociétaire des Artistes Français. Il adresse également au Salon des Indépendants en 1884 une peinture intitulée Le musée (localisation actuelle inconnue). Il est très tôt sollicité par le maire d’Ajaccio, François-Xavier Forcioli-Conti, et, à partir de 1874, il occupe bénévolement la fonction de conservateur du Musée Fesch, emploi pour lequel il est nommé par arrêté municipal du 9 mai 1876. Peraldi a également pour mission d’élaborer le guide de visite du musée qui est attendu avec impatience par le ministère des Beaux-Arts(1). Il s’acquittera de cette tâche avec Paul-Mathieu Novellini (1831-1918) ; les deux hommes rédigent ainsi le petit ouvrage intitulé Notice des tableaux les plus remarquables exposés dans ce Musée [Fesch], publié en 1875. François Peraldi réalisera d’autres travaux scientifiques et documentaires sur les œuvres conservées au musée Fesch et au musée de l’hôtel de ville d’Ajaccio. En 1880, il signe avec Novellini la Notice des tableaux et objets d’arts exposés dans les galeries du Musée et dans les salons de l’Hôtel de ville d’Ajaccio, bien plus complet avec ses 115 pages et plus de 900 numéros. Il est aussi l’auteur, en 1892, d’un Catalogue des tableaux et statues du Musée Fesch puis, en 1900, du Catalogue des tableaux, statues, bustes, médailles, meubles du Musée de l’Hôtel de Ville d’Ajaccio, qui constitue un outil de référence sur les richesses de ce musée et de sa précieuse collection de médailles, présentée au public dans une nouvelle salle ouverte en 1898. Soucieux de la valorisation des œuvres dont il doit assurer la conservation et malgré la difficulté de ses relations avec Jérôme Maglioli, architecte communal qui a exercé la fonction de conservateur du musée au moment de son ouverture (et qui en a dressé le premier catalogue dans les années 1860), il obtient le vote par le conseil municipal le 3 décembre 1877 de 7 000 francs pour faire réaliser des travaux de restauration sur un nombre important d’œuvres d’art, s’attachant à les présenter ensuite au public dans des salles aménagées au fur et à mesure de ses avancées. Il poursuit dans cette voie et demande en 1878 qu’à la suite des travaux de rénovation des peintures et des boiseries, les tableaux surchargés de poussière soient « lavés », que l’on fasse encadrer quarante deux tableaux provenant des combles et que l’on pose un numéro d’ordre sur chacun. Par sa connaissance de l’histoire et de la technique de la peinture des différentes écoles européennes, il a apporté, une somme considérable d’informations sur les collections du musée Fesch en même temps qu’elles étaient présentées au public.
François Peraldi peintre met son atelier personnel à la disposition de James Mc Neill Whistler (1834-1903) lors de son séjour à Ajaccio de janvier à avril 1901. Le maître peut ainsi réaliser quelques peintures à l’huile et travailler ses gravures après des séances de dessin à l’occasion de ses promenades en ville et ses environs. Les deux hommes ont aussi en commun d’avoir fréquenté, à des périodes différentes, l’atelier Gleyre, et de connaître la vie artistique parisienne. Peraldi et Whistler échangeront par la suite une correspondance dans la perspective d’organiser à Paris une exposition des œuvres de Whistler, projet qui n’aboutira pas.
1 Ce travail avait été demandé à Jérôme Maglioli qui fut nommé par le maire d’Ajaccio pour exercer la fonction de conservateur du musée en mai 1858. Il en a dressé un premier catalogue quelques années après mais celui-ci était trop sommaire et ne constituait pas un guide de visite du musée.
Peraldi a peu produit, eu égard à sa fonction de conservateur. Il compte néanmoins parmi les peintres corses de la deuxième moitié du XIXe siècle qui ont introduit en Corse une note de modernisme dans la peinture de chevalet. Ses œuvres connues à ce jour permettent d’apprécier sa maîtrise de la technique dans les paysages notamment avec Sur les hauteurs d’Ajaccio 1877 (collection particulière), Le port d’Ajaccio en 1882, ainsi que la force de son réalisme dans la représentation des personnes avec le Portrait de la mère de l’artiste et les scènes de la vie quotidienne avec ses Vendeuses de lait, rue Chiappe à Ajaccio (1876, collection particulière) ou Au cimetière d’Ajaccio.