Biographie :
Louis-Ferdinand ANTONI
(Bastia, 1872 - Alger, 1940)
Louis-Ferdinand Antoni, né à Bastia en 1872, fait partie des fils de Corses qui se sont installés en Algérie dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Son père, interprète militaire arrive en Algérie peu après la naissance de cet enfant qui sera tôt attiré par les arts. Après des études secondaires à Blida, Antoni se forme à l’École des Beaux-Arts d’Alger. En 1894, il obtient une bourse d’études et rentre à l’École des Beaux-Arts de Paris. Il s’engage en 1914 et est fait prisonnier en 1916, après avoir été blessé à la tête et aux yeux. Il obtient en 1919 une bourse de voyage en Afrique Occidentale Française. Artiste reconnu, il expose au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1902 à 1937, d’abord en tant qu’associé dès 1908, puis comme sociétaire en 1922. Il obtient le Grand prix lors du Salon de 1928 (où l’année précédente il avait présenté Le Vieux Port de Bastia). Il a également participé aux expositions de la Société des Peintres Orientalistes Français pendant une longue période (sensiblement la même que celle accomplie à la Nationale), où il montre un intérêt plus marqué pour les types locaux que pour les paysages. Il est ainsi considéré comme un peintre Orientaliste de premier plan, ayant occupé une place importante dans la vie artistique d’Alger. Professeur d’arts décoratifs à l’École des Beaux-Arts d’Alger, il réalise de nombreuses œuvres décoratives pour des bâtiments publics de la ville. Comme beaucoup de peintres de son époque, il a traité des sujets variés et a voyagé dans de nombreux pays et régions de France (Corse, Bretagne, Normandie, Haute-Saône), d’Algérie, ainsi qu’à Venise, au Dahomey et au Sénégal. Il participe aux manifestations organisées à Paris et à Marseille pour la promotion de la Corse, comme par exemple en mars 1928 à l’occasion de l’exposition des peintres corses à Marseille organisée par la revue U Laricciu. Carulu Giovoni évoque alors à son sujet : « Antoni, Corse transplanté en Algérie, a rendu deux Marines du Cap avec une extrême douceur de tons et de reflets, tandis que ses tableaux algériens, marchés et types sont sobrement colorés, tout en présentant une grande variété de tons. Son Marché soudanais a été très discuté et n’a pu être apprécié à sa juste valeur que par ses pairs ». Antoni garde des liens forts avec la Corse : il réalise les illustrations de l’ouvrage La Corse dans l’histoire d’Antoine Albitreccia, publié aux éditions Archat à Paris en 1939 avec plus de 160 paysages, types locaux etc..., rendus dans un style très épuré et une mise en page tout à fait originale. Antoni apparaît ainsi comme un des grands illustrateurs de la Corse. L’État a fait l’acquisition de deux de ses œuvres : en 1922, Le repos de Samson, étude pour une fresque, (mairie d’Iwuy, 1952), et en 1938, Le Chesnay (mairie de Marjevols, 1939) . Le musée national des Beaux-Arts d’Alger conservait plusieurs de ses oeuvres : Cour mauresque, un Portrait d’après Rembrandt, Cavaliers marocains et L’incendiaire.