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Bacchanales modernes ! Le nu, l’ivresse et la danse dans l’art français du XIXe siècle
Date de publication : 01/07/2016
Nombre de pages : 387
Editeur : Bordeaux, musée des Beaux-Arts; Ajaccio, Palais Fesch-musée des Beaux-Arts ; Milan, Silvana Editoriale
Au XIXe siècle, l’imaginaire de Bacchus, du vin, de l’extase et de la danse exaltée fournit à l’art une foisonnante source d’inspiration. En France, la recrudescence surprenante du thème de la bacchanale révèle notamment les ambitions d’une société en rapide métamorphose, d’un monde tourné vers la célébration des plaisirs terrestres et des joies matérielles. Investis par cette vague d’ivresse créatrice, les artistes se laissent pleinement emporter par l’imaginaire fascinant du dieu antique et de ses suivants, faunes, nymphes, satyres ou bacchantes. Ce sont alors les nombreuses résurgences de la bacchanale dans la peinture, la sculpture, mais aussi la littérature, la musique, la danse et le cinéma - de l’époque romantique jusqu’au début du XXe siècle - que cet ouvrage souhaite explorer, afin de révéler les multiples enjeux de cet éclatant retour vers l’univers de Bacchus.
L’Antiquité, dont l’étude et le souvenir nourrissent l’imagination des poètes et des artistes, de Leconte de Lisle à Gustave Moreau, est le point de départ, la référence toujours évoquée, mais, au XIXe siècle, les sujets bachiques s’affranchissent rapidement de l’héritage du passé pour autoriser l’expression de formes et de sujets de plus en plus audacieux et troublants. C’est alors la figure de la bacchante, tour à tour prêtresse mystérieuse, femme fatale ou nymphe sensuelle, qui permet plus particulièrement la mise en scène du corps féminin dans tous ses états : érotisé, hystérique ou libéré, ainsi que le dévoilent les œuvres de Pradier, de Corot, de Rodin ou de Bourdelle.
Enfin, c’est dans la frénésie de la danse, scandaleuse comme celle que Carpeaux sculpte sur la façade de l’Opéra Garnier, contagieuse comme celle chantée par Offenbach, ou libératoire comme dans les chorégraphies d’Isadora Duncan, que s’accomplit l’assimilation du motif antique à de nouvelles préoccupations esthétiques, sociales et culturelles. La bacchanale, en véritable avatar des mœurs contemporains, vient ainsi révéler les facettes cachées d’une époque tiraillée entre norme et transgression, entre raison et imagination, là où le mythe se transforme en fantaisie moderne.