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Ludwig   PIETZCH
(Dantzig, 1824 - Berlin, 1911)

La Pietra del Montigone

MFA 2009.3.1

1854

Huile sur toile
105 x 85 cm

Historique :
Marché de l’art parisien ; acquisition par le Palais Fesch-musée des Beaux-Arts en 2009.


Localisation :
Département Peinture Corse, Galerie


Notice :
Pietzch poursuit ses études à l’Académie de Berlin en 1841 puis à Paris, dans l’atelier de Charles Gleyre (1806-1874) en 1863. Il semblerait qu’il y ait fréquenté Paul-Mathieu Novellini (1831-1921), présent dans le même atelier jusqu’en 1865. Il s’installe ensuite définitivement à Berlin. Bien que peu connu, l’ensemble de son œuvre parait s’orienter vers le paysage, la peinture de genre, le portrait et la lithographie.Sans doute inspiré d’une part, du leitmotiv du voyage propre à la philosophie romantique allemande et, d’autre part du phénomène initiatique du Grand Tour, Pietzch semble s’être souvent déplacé, comme l’attestent ses œuvres La Pietra del Montigone et Chasse à l’ours en Russie (marché de l’art, huile sur toile, 45 x 65 cm). Les circonstances de la venue de Pietzch en Corse ne sont pas connues, d’autant plus que la communauté artistique de la Confédération germanique n’est pas familière des séjours dans l’île, contrairement aux continentaux et aux Anglais tout au long du XIXe siècle.
La Pietra del Montigone s’inscrit dans l’héritage des paysages de Caspar-David Friedrich (1774-1840) et plus généralement dans la thématique du paysage romantique allemand du XIXe siècle déifiant la nature toute puissante où la présence de l’homme, loin d’être anecdotique, est symbolique de sa fragilité et de sa petitesse au regard des éléments naturels. Au-delà des caractéristiques philosophiques de l’œuvre, il convient de s’attarder sur la minutie technique et le souci du détail de Pietzch, certainement issus de son talent de portraitiste, si l’on se réfère à son Portrait de Rudolf Sander (marché de l’art, lithographie, 35,5 x 28,5 cm). La précision du trait et la philosophie romantique conviennent parfaitement au lieu-dit près de Bocognano (Corse-du-sud) figuré par cette œuvre. Situé en amont de la cascade du Voile de la mariée, l’artiste représente le cours d’eau du Trottu serpentant au pied du massif du Monte Renosu. L’œil du spectateur y découvre de minuscules êtres humains et des animaux parfaitement en harmonie avec l’immensité du paysage montagneux.
Esthétiquement très proche de La forêt de Valdoniello de Jean-Luc Multedo (1812-1894), l’œuvre de Pietzch immortalise également une forêt qui sera pourtant bien moins représentée que la région du Niolu. En effet, bien que lieu de passsage obligé entre Ajaccio, Corte et Bastia, la région bocognanaise ne connaîtra pas de succès au niveau pictural, si l’on excepte les aquarelles de Jean-Jérôme Levie intitulées Bocognano, vue du clocher et Pont de Bocognano.
Ph. P.