Quelques chefs-d'oeuvre


La Vierge et l’Enfant soutenu par un ange

Le tableau d’Ajaccio est une oeuvre du jeune Botticelli fortement marquée par les compositions de son maître, Fra Filippo Lippi, et en particulier par la célèbre Vierge à l’Enfant et deux anges des Uffizi de Florence. Outre le fait qu’il s’agit du premier tableau datant de la jeunesse de Botticelli qui ne pose pas de problème de paternité, il présente une forte capacité d’invention. Tout en conservant le profil de la Vierge de son modèle, Botticelli resserra le lien d’affection entre la mère et son fils, présenta la Vierge et l’ange debout devant un parapet d’où ne se dégage qu’un fond de ciel abstrait et encadra la scène d’une étrange guirlande. La richesse de l’invention de cette oeuvre permet d’affirmer que le jeune Botticelli fréquenta très tôt l’atelier d’Andrea Verrocchio.
Fiche de l'oeuvre

Sandro Botticelli (Florence 1445- Florence1510)

Botticelli emprunta à VerrocChio le large drapé de la vierge, dont le manteau se casse nettement sur le sol, comme le montrent les études de draperies réalisées dans l’atelier du maître par Léonard de Vinci et Lorenzo di Credi, mais aussi le profil de l’ange, dont une version en terre cuite conservée à Paris au musée du Louvre est attribuée à Verrocchio lui-même. Son atelier était un intense lieu de recherches et de discussions, où est vraisemblablement née l’idée inattendue à Florence au début de la seconde moitié du Quattrocento de présenter dans un tableau de dévotion la Vierge en pieds, lui donnant un aspect particulièrement sculptural. C’est aussi probablement à une idée germée dans cet atelier que l’on doit la présence de la guirlande reprise des sarcophages antiques. Celle-ci, peu commune à Florence, renvoie à des recherches similaires menées dans un autre atelier contemporain, celui de Francesco Squarcione à Padoue. Une autre particularité de la Madone d’Ajaccio est l’absence totale de paysage, ce qui l’apparente davantage aux reliefs sculptés issus de l’atelier de Verrocchio. Peut-être faut-il même voir avec cette oeuvre de Botticelli les prémices d’un débat central du monde artistique à Florence dans la première moitié du XVIe siècle : le paragone entre la sculpture et la peinture.



Napoléon Ier empereur des Français

Le portrait de Napoléon empereur des Français compte parmi les grands portraits d’apparat des membres de la famille impériale, qui font la fierté des collections de la ville d’Ajaccio. Ces portraits formaient la décoration du salon de réception de Madame Mère, Letizia Bonaparte, au palais Bonaparte, Piazza Venezia à Rome. À sa mort, en 1836, ils rejoindront l'antichambre des appartements de son frère, le cardinal Fesch. Cette collection de portraits, initialement destinés aux demeures de Madame Mère et du cardinal Fesch, forme un ensemble de haute qualité, comparable aux oeuvres exposées aux châteaux deVersailles et de Fontainebleau.
Fiche de l'oeuvre

Baron François Pascal Simon GÉRARD (Rome, 1770 – Paris, 1837)

Né à Rome, où son père est ambassadeur, il arrive à Paris à l'âge de 12 ans. à 14 ans, il entre à l’atelier d’Auguste Pajou (peintre et sculpteur néoclassique) et, en 1786, il se place sous la direction du peintre David. Gérard peignit toutes les figures de l’Empire et les principaux souverains étrangers, ce qui lui valut le surnom de « portraitiste des rois et roi des portraitistes ». Il fut chargé de réaliser le portrait officiel de Napoléon 1er empereur des Français. Paré tel que lors de la cérémonie du sacre à Notre-Dame, le 2 décembre 1804, il porte toutes les « regalia » de son nouveau règne. L'empereur des Français est représenté en pied, devant son trône. Il est vêtu du « grand habillement » ; il porte la couronne d’or en feuilles de laurier. Il tient dans sa main droite, Ornée de l’anneau d’émeraude, le sceptre sommé de l’aigle impériale, tenant dans ses serres les foudres. Sont posés sur le tabouret, le globe et la main de justice. Napoléon porte le collier et la plaque de la Légion d’honneur.



La forêt de Valdoniello

La scène présente un paysage montagneux de la région du Niolu (Haute-Corse), entre le village d’Albertacce et le col de Vergio, dans lequel se fondent des bûcherons au repos et des femmes venant à leur rencontre. Si l’oeuvre est d’un réalisme saisissant dans le rendu des éléments naturels, à savoir le ciel, la montagne et les pins, elle n’est pas pour autant dénuée d’une connotation romantique. Il s'agit d'une oeuvre de transition dans la perception de la Corse par ses natifs. En effet, jusqu’à présent les insulaires connaissaient les vertus de leur sol et les moyens à mettre en oeuvre pour les exploiter, mais il n’était nullement question de ses qualités esthétiques. Multedo, en revanche, est le premier peintre insulaire à faire de la nature corse un objet de contemplation.
Fiche de l'oeuvre

Jean-Luc Multedo (1812-1894)
La forêt de Valdoniello est une oeuvre que Multedo présenta au Salon de 1866, où il fut acquis pour l’État pour être déposé au musée Fesch, la même année. Dans sa livraison du 30 avril 1866,L’Avenir de la Corse notait d’ailleurs : « Fait étrange pour cette toile, mais la valorisant d’autant plus, il semblerait qu’elle soit la première représentation de la Corse faite par un artiste corse (exception faite de Jean-Jérôme Levie dont l’activité s’est limitée à l’aquarelle) ». Rien ne destinait Jean-Luc Multedo à la pratique de la peinture, puisqu’il fut tour à tour avocat au barreau d’Ajaccio puis homme politique siégeant au Conseil Général en 1844. Ce n’est qu’ensuite qu’il partit pour Florence afin d’être initié aux Beaux-Arts par Karl Marko l’ancien (1797-1860).