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Collections

Musée Fesch

Historique des collections

Les collections du musée Fesch d’Ajaccio sont constituées en grande partie du legs du cardinal Joseph Fesch, oncle de l’Empereur Napoléon Ier, qui rassembla la plus importante collection de peintures jamais constituée (environ 16.000 tableaux). Dans son testament, signé le 4 janvier et déposé le 25 avril 1839 entre les mains du notaire romain Augusto Appolloni, était stipulé que devait être fondé à Ajaccio un « Grand Institut des Études », nanti d’une collection d’œuvres d’art. Le cardinal prévoyait de léguer à sa ville natale une petite partie de son immense collection composée de copies, d’esquisses et des bustes représentant les membres de la famille Bonaparte, des tableaux originaux de toutes les écoles, pouvant aller jusqu’à 1.000, ainsi qu’une petite partie de son mobilier, des objets religieux et sa bibliothèque, y comprit les livres de gravures, tandis qu’une partie de la vente de la « grande galerie » du cardinal devait servir à la construction du bâtiment. Joseph Bonaparte, comte de Survilliers, contesta néanmoins la validité du legs et en particulier les dispositions prises par son oncle en faveur de la construction du bâtiment dans la ville d’Ajaccio. Afin de ne pas s’engager dans une longue procédure avec l’héritier du cardinal, la municipalité préféra transiger et un nouvel acte fut établi à Florence le 1er septembre 1842. On ne parlera plus de legs Fesch, mais de transaction Survilliers.

Par cette donation, la ville d’Ajaccio perdit ses avantages numéraires, mais les autres communes corses bénéficièrent des libéralités de Joseph. Le comte de Survilliers donnait à la Corse :

-la bibliothèque du cardinal, avec ses manuscrits (sans les recueils de gravures).

-1.000 objets d’art, tels que tableaux, statues et bustes.

-300 autres tableaux à prendre sur la masse des tableaux en dehors de la Grande Galerie. Parmi ces 300 tableaux cédés en plus par Joseph, 100 devaient aller au Collège Royal de Bastia, 50 à l’école Paoli de Corte et les autres à diverses communes de la Corse.

-une partie du mobilier du cardinal et les autres objets mentionnés dans son testament.

-la statue de « Napoléon Consul » sculptée par Maximilien Laboureur.

La ville d’Ajaccio, à sa charge, devait créer un établissement qui serait administré par ses représentants, auxquels serait adjoint l’évêque de la Corse.

La collection du cardinal Fesch constitue donc le fond du musée Fesch d’Ajaccio.

Le musée Fesch abrite une collection d’œuvres d’art qui présente sur cinq siècles les plus grands maîtres de la peinture italienne. Il est ainsi le plus prestigieux et le plus cohérent des fonds d’art italien visibles en France après le musée du Louvre.

En 1866, le musée Fesch s’enrichit du legs de Félix Baciocchi, constitué de 64 peintures essentiellement du XIXe siècle ; en 1897, il reçut le legs du prince Jérôme Napoléon (dit Plonplon) ; en 1912, il reçut en legs de Franceschini-Pietri le portrait de Napoléon III par Cabanel et en 1950, le legs d’Eugénie Bonaparte, princesse de Moskowa ; le buste d’Elisa Bonaparte Baciocchi par Lorenzo Bartolini fut donné au musée par Paul Marmottan en 1924 et celui de Napoleone Elisa, comtesse de Camerata du même sculpteur fut donné par Don Martin Fabbiani en 1966.

L’État procède dès 1854 à des dépôts à la ville d’Ajaccio, puis à partir des années 1863, ces dépôts vont se succéder régulièrement jusqu’en 1973. Ils sont parfois importants en nombre. La chalcographie du Louvre déposa en 1888 près d’une centaine de gravures, et la Manufacture nationale de Sèvre attribua en 1912 au musée Fesch 56 céramiques contemporaines. Plus fréquemment, ces dépôts ne sont constitués que par une œuvre isolée, notamment des œuvres d’artistes originaires de l’île ; sans oublier les dépôts du musée du Louvre : en 1872, six tableaux provenant de la collection La Caze ; en 1951, la Léda et le cygne de l’atelier de Véronèse, tableau MNR, et, en 1956, le Portrait d’homme au gant de Titien (dernier dépôt au musée même).

En 1892, le duc de Trévise (fils du maréchal Mortier) lègue au musée un important ensemble de gravures, statuettes médailles vouées au culte de l’Empereur. En 1896, le baron Larrey, lègue un ensemble d’objets napoléoniens. En 1974, le musée reçut en donation de la baronne Tove Brockdorff-Vognsgaard, une série d’objets de petites tailles et gravures en rapport avec le souvenir et la légende de l’empereur Napoléon Ier.

Depuis sa réouverture, le musée a acquis en 1999 deux dessins de François Boucher d’après Francesco Solimena, ainsi qu’une œuvre importante pour ses collections : en 2001, le musée acheta pour la somme de 2.000.000 de francs (financé à la hauteur de 750.000 francs par le fond national du Patrimoine) le panneau du Maître du Crucifix sur fond d’argent, représentant, Barthélémy, Jacques le mineur, Simon, Laurent, Catherine d’Alexandrie et Agnès , autrefois dans la collection du cardinal Fesch, dont le musée possédait déjà deux panneaux du même ensemble.

Le premier inventaire des collections du musée Fesch, aujourd’hui disparu, fut établi en 1852 et comportait 843 peintures. L’achèvement du musée prit plusieurs années et sa date d’ouverture effective au public reste incertaine mais remonte vraisemblablement au premier semestre 1860. En 1858, la municipalité d’Ajaccio avait eu l’intention de mettre en vente, le 19 septembre, 190 tableaux qui n’avaient pu trouver place dans les salles du musée, décision annulée le 16 septembre, trois jours avant la vente. En 1865, 640 tableaux sont exposés dans les salles du musée.

le 15 avril 2008, le Palais Fesch entra à nouveau dans une phase de travaux . La fermeture totale de l’établissement s'est avéré nécessaire afin de pouvoir procéder à son réaménagement achevé le 26 juin 2010. En effet, depuis sa réouverture, les visiteurs peuvent découvrir un musée rebaptisé "Palais Fesch-musée des beaux arts"dont les salles sont complètement restructurées et climatisées pour présenter plus de 400 œuvres.

NOTA BENE: L'INDICATION DES OEUVRES PAR SALLE EST SOUS RESERVE DES MODIFICATIONS DU PLAN MUSEOGRAPHIQUE.