Bologne au siècle des lumières, Art et science, entre réalité et théâtre
Editeur : : Ajaccio, Palais Fesch musée des Beaux-Arts ; Milan, Silvana Editoriale
Le XVIIIe siècle, bolonais, s’ouvre avec la fondation de l’Istituto delle Scienze et de l’Académia Clementina, nés de la volonté du général Luigi Fernandino Marsili, avec le soutien d’intellectuels, inspiré des Lumières. Tandis que l’Istituto delle Scienze, en phase avec les dernières avancées scientifiques européennes, se propose de rendre son prestige à la cité, siège de la plus ancienne université, l’Académia Clementina, vise à se retrouver Les fastes du siècle d’or de la peinture célébré par la Felsina pittrice des Carlo Cesare Malvasia (1678).
Dans la première moitié du XVIIIe siècle, l’opposition entre les deux champions de la peinture,Donato Creti Giuseppe Maria Créspi, est radicale et irréductible. Les recherches du premier aboutissent à un classicisme élégant et raffiné, alors que le second affiche au contraire, un naturalisme agressif et prosaïque aux accents ironiques, d’un caractère presque populaire. Dans le même temps, une peinture légère opère la mutation de la solide tradition du XVIIe siècle vers le rocaille. Tandis que les sculpteurs et modeleurs, à partir de l’exemple de Giuseppe Maria Mazza, donnent leurs figures à un élégant mouvement tout en courbes et une grâce pleine de séduction.
Trompe l’œil, dilatations spatial et illusions théâtrales, allant jusqu’à l’invraisemblable, rend les scénographes bolonais célèbres dans le théâtre européen, grâce au succès de la famille Bibiena. Dans la seconde moitié du siècle, enfin, vont émerger, les importantes personnalités des frères Ubaldo et Gaetano Gandolfi.
Entre tradition classique et réalisme, influences baroques, et ferments néoclassiques, l’exposition reflète aussi la diversité de la commande et des pratiques : concours académiques ou des artistes rivalisent dans les domaines du dessin du bas-reliefs de terre, cuite, préparations anatomiques ou le modelage se met au service de la médecine, solennels tableaux d’autels, tableaux mythologiques pour les collections, privées, portraits et autoportraits, scénographies grandioses pour le théâtre et les palais, mais aussi figures de crèches et scènes de la vie quotidienne.



