Le Maltais – Nature morte au tapis turc et à la tenture

Maltese, le Maltais, de son vrai nom Francesco Noletti

Né probablement à La Valette en 1611, mort à Rome en 1654

Nature morte au tapis turc et à la tenture

La collection Fesch léguée à la ville d’Ajaccio est particulièrement riche en natures mortes italiennes du XVIIe siècle, comme on peut le voir dans cette galerie.

La nature morte a pour sujet des objets inanimés, des fleurs, des fruits, mais elle s’étend aussi aux animaux vivants, aux tableaux de chasse. Elle inclut plusieurs sous-ensembles comme le trompe l’œil, la Vanité, l’intérieur de cuisine…Elle a différentes origines, remontant jusqu’à l’Antiquité, mais c’est surtout à partir de la Renaissance, avec le nouvel intérêt pour la nature et l’environnement quotidien, qu’elle va se développer, jusqu’à devenir un genre autonome, à la fin du XVIe siècle. On cite souvent la magnifique Corbeille de fruits de Caravage (Milan, Pinacoteca Ambrosiana), datable de 1595, comme un des premiers exemples de nature morte indépendante. Les premières natures mortes italiennes, autour de 1600, sont minutieuses et précises, avec souvent des significations symboliques, liées à la religion, à la vanité des nourritures terrestres, à la fugacité de la vie. Quelques décennies plus tard, comme ici, la nature morte italienne épouse le style baroque, qui lui convient à merveille : elle recherche toujours l’illusion, le rendu fidèle des matières, mais dans l’abondance, l’amoncellement et le luxe. Devenue objet de décoration, elle gagne en virtuosité et en facilité ce qu’elle perd en spiritualité.

Francesco Noletti, dit Le Maltais, est un des plus grands représentants de la nature morte baroque romaine. Spécialisé dans la peinture des tapis d’orient, il y fait montre d’une virtuosité saisissante, dans des mises en scène théâtrales où la lumière vient exalter les couleurs et les matières. Il s’agit de véritables apothéoses des sens, de la vue et du toucher surtout. Les tentures précieuses forment pour les objets un fond luxueux qui les valorise comme des personnages dont on ferait le portrait : ici des fruits frais, des fruits confits, de la vaisselle fine. Autant d’éléments qui évoquent les beautés terrestres, qu’elles soient naturelles ou de la main de l’homme, mais qui révèlent aussi le plaisir et la puissance illusionniste de la peinture.


 

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