Maître du crucifix sur fond d’argent – Polyptyque

Maître du Crucifix sur fond d’argent

Polyptyque avec des saints

Cette salle réunit des œuvres italiennes des XIVe et XVe siècles, regroupées sous l’appellation de  Primitifs. Il faut entendre ce terme au sens de premiers, de précurseurs de la Renaissance, qui est la période à laquelle on a longtemps comparé toutes les autres.

Le cardinal Fesch est un des premiers collectionneurs à s’intéresser à ces œuvres religieuses anciennes, négligées à son époque (le début du XIXe siècle) et souvent remisées dans des sacristies ou des greniers.

Les tableaux des Primitifs ont en commun d’être peints sur bois, avec un liant à l’œuf (la tempera), et de présenter un fond d’or. Leur destination est presque exclusivement religieuse, qu’ils aient été peints pour des églises ou pour la dévotion privée. Conçus souvent sous forme de polyptyques (c’est-à-dire avec plusieurs compartiments), ils ont souffert parfois des découpages et démembrements qu’on leur a fait subir afin de pouvoir les vendre plus facilement. Plusieurs tableaux présents ici sont en effet des éléments d’ensembles plus complexes, dispersés ou en partie perdus.

Les œuvres placées du côté des fenêtres datent du XIVe siècle. Plusieurs reflètent l’influence du grand artiste florentin Giotto. Celui-ci, avec le Siennois Duccio di Buoninsegna, est considéré comme le rénovateur de la peinture italienne. Il s’éloigne des modèles byzantins pour un art plus proche du réel et plus humain.

L’étonnante série du Maître du Crucifix sur fond d’argent aligne sur deux registres, encadrés par des architectures gothiques, des apôtres et divers saints, dont les noms sont inscrits sur le fond d’or. Les apôtres, en haut, ont des postures très animées, comme s’ils étaient en proie à une vision. Ce qui confirme qu’il manque la partie centrale du retable : il s’agissait sans doute, comme souvent, d’une Vierge à l’Enfant, surmontée peut-être d’un Jugement dernier.

L’œuvre, très originale par sa composition qui évoque une façade d’église, a des affinités avec plusieurs artistes, florentins, siennois ou même français, ayant travaillé à la Basilique dédiée à saint François d’Assise, en Ombrie. Le polyptyque aurait été peint entre 1330 et 1350. L’artiste, anonyme, porte un nom de convention, en référence à un crucifix peint sur fond d’argent, qui serait de la même main.


 

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